Le châssis est l'ossature structurelle qui se trouve sous le véhicule : le squelette porteur qui supporte la carrosserie, le moteur, la transmission, la suspension et tous les autres systèmes, et qui encaisse en dernier ressort les efforts de la route. Tout ce qu'une voiture fait sur le plan mécanique se rapporte à cette structure, qui détermine donc non seulement la cohésion du véhicule mais aussi sa façon de rouler, de diriger et de protéger ses occupants. Le mot dérive du bâti sur lequel reposait une voiture hippomobile, une filiation encore visible dans la manière dont les premières automobiles étaient assemblées.
En service, le châssis encaisse des charges statiques telles que le poids du groupe motopropulseur et des passagers, et des charges dynamiques issues du virage, du freinage, de l'accélération et des impacts avec bosses et nids-de-poule. Il doit résister à la flexion sur sa longueur et, tout aussi important, à la torsion autour de son axe longitudinal, car une structure qui fléchit trop laisse dériver la géométrie de la suspension et fait grincer et fatiguer la carrosserie. Les points d'ancrage de la suspension, les supports moteur et boîte de vitesses, ainsi que les points de fixation de la carrosserie y sont tous arrimés, et la façon dont les efforts circulent entre ces points définit la rigidité et la résistance de l'ensemble.
La distinction la plus importante oppose deux modes de construction. Dans la conception traditionnelle à carrosserie sur châssis (body-on-frame), un châssis rigide séparé porte les organes mécaniques et une carrosserie distincte est boulonnée par-dessus ; cette solution est robuste, facile à modifier et bien adaptée aux camions et aux véhicules tout-terrain. Dans la construction monocoque moderne, la carrosserie et la structure ne forment qu'une seule coque soudée dont les panneaux portent eux-mêmes les efforts, ce qui donne une voiture plus légère, plus rigide et plus sûre, aujourd'hui dominante pour les voitures particulières.
Il existe aussi un sens plus libre, presque familier, du mot. Passionnés et journalistes parlent d'une voiture dotée d'un bon châssis pour signifier que l'association de sa suspension, de sa direction et de son comportement structurel offre un train roulant posé et communicatif. Employé ainsi, le terme renvoie moins à un organe précis qu'au caractère dynamique d'ensemble que produisent la structure et les systèmes qui s'y rattachent.
Dans la pratique, l'intégrité du châssis est essentielle à la sécurité et à la longévité. La corrosion, les dégâts d'accident ou les fissures de fatigue dans les chemins d'effort peuvent compromettre le comportement au choc et la tenue de route, raison pour laquelle la rouille structurelle d'une caisse monocoque ou un châssis faussé sur un véhicule à carrosserie sur châssis sont pris très au sérieux lors du contrôle technique.
Le châssis se comprend mieux à travers les structures qui le composent ou s'y rattachent. Le châssis-échelle est l'architecture body-on-frame classique, la construction monocoque en est l'alternative moderne, le berceau (subframe) est un sous-ensemble plus petit qui isole et supporte des groupes d'organes, et les traverses sont les poutres transversales qui relient ses deux côtés et lui confèrent sa rigidité.
- L'ossature structurelle qui supporte tout le véhicule
- Encaisse les efforts de la route et porte carrosserie, moteur et suspension
- Carrosserie sur châssis traditionnelle contre monocoque moderne
- Désigne aussi, par extension, le comportement routier d'une voiture