L'appui aérodynamique, souvent désigné par le terme anglais downforce, est la force verticale orientée vers le sol que génère l'écoulement de l'air autour d'une voiture en mouvement pour la plaquer sur la route. Il s'agit en réalité de l'inverse de la portance aéronautique : là où l'aile d'un avion est profilée pour s'élever, les surfaces aérodynamiques d'une automobile sont dessinées pour pousser la caisse vers le bitume. L'objectif est simple mais puissant. En chargeant davantage les pneumatiques sans ajouter la moindre masse réelle, l'appui leur permet de transmettre des efforts plus élevés en virage, au freinage et en motricité, autorisant des vitesses supérieures dans les courbes et des distances d'arrêt plus courtes.
Cette force découle du même principe que celui qui soulève un avion, à savoir une différence de pression entre deux surfaces. Un aileron arrière est un profil d'aile inversé qui accélère l'air sur sa face inférieure pour y créer une dépression, tandis qu'une surpression règne au-dessus, aspirant l'arrière vers le bas. Sous la voiture, un plancher soigneusement profilé et un diffuseur arrière accélèrent l'air dans un passage étroit avant de le détendre, créant une zone de basse pression qui aspire l'ensemble du soubassement vers le sol, un effet d'une grande efficacité car il génère peu de traînée. Le séparateur avant (splitter), les dérives et les ailettes équilibrent la répartition de la charge entre les essieux afin que la voiture reste stable plutôt que délestée à l'avant ou plombée à l'arrière.
Pour le pilote, le bénéfice croît avec la vitesse, car la force aérodynamique augmente grosso modo comme le carré de la vitesse. À basse allure, un aileron ne fait presque rien, mais en rythme de course il peut plaquer une voiture avec une force égale ou supérieure à son propre poids, ce qui est à l'origine de la fameuse affirmation selon laquelle certaines voitures de course pourraient, en théorie, rouler au plafond. Ce surcroît d'adhérence permet de freiner plus tard, de passer les virages plus vite et d'améliorer la stabilité à haute vitesse, maintenant la voiture ancrée là où l'adhérence mécanique seule la laisserait glisser ou devenir nerveuse.
L'appui aérodynamique a connu une évolution spectaculaire depuis les années 1960, lorsque les premiers ailerons rudimentaires furent boulonnés sur les monoplaces de Grand Prix. La découverte de l'effet de sol dans les années 1970, exploitant le soubassement plutôt que de simples ailerons rapportés, a transformé le sport automobile avant d'être en partie interdite pour des raisons de sécurité. Aujourd'hui, ces principes se diffusent vers les voitures de route rapides au travers de lèvres fixes, de becquets arrière mobiles qui se déploient en vitesse et de soubassements plats, tandis que des disciplines comme la Formule 1 tirent l'essentiel de leur appui du plancher et du diffuseur, dans un cadre réglementaire strict.
La limite centrale est que l'appui n'est jamais gratuit : chaque surface qui plaque la voiture perturbe aussi l'air et ajoute de la traînée, ce qui augmente la consommation et bride la vitesse de pointe. Les ingénieurs recherchent donc le meilleur rapport entre appui et traînée plutôt que l'appui maximal seul, et de nombreuses voitures de route recourent à une aérodynamique active qui escamote leurs dispositifs sur l'autoroute. L'art d'équilibrer adhérence et traînée relie directement l'appui à l'aérodynamique au sens large, aux coefficients de traînée et de portance ainsi qu'à la surface frontale.
- Force aérodynamique verticale qui plaque la voiture sur la route
- Augmente l'adhérence des pneus en virage, au freinage et en stabilité
- Créée par ailerons, séparateurs, diffuseurs et soubassement
- Se paie au prix d'un surcroît de traînée aérodynamique