La pompe à chaleur d'un véhicule électrique est un système de chauffage de l'habitacle qui transfère vers la voiture une chaleur déjà présente plutôt que de la créer de toutes pièces ; elle compte parmi les technologies de climatisation les plus utiles d'un véhicule électrique moderne. Faute de moteur thermique chaud où puiser de la chaleur perdue, les premières voitures électriques s'en remettaient à un chauffage résistif, c'est-à-dire à une grosse résistance électrique transformant directement l'énergie de la batterie en chaleur. Ce procédé fonctionne mais reste dispendieux : par temps froid, il peut engloutir une part importante de la batterie et amputer l'autonomie au moment précis où les conditions sont déjà défavorables.
La pompe à chaleur contourne ce gaspillage en exploitant le même cycle thermodynamique que celui d'un réfrigérateur domestique ou d'un climatiseur, simplement utilisé dans le sens du chauffage. Un fluide frigorigène circule en circuit fermé : il absorbe une chaleur de bas niveau prélevée à l'air extérieur, au moteur et à l'électronique de puissance, ou encore à la batterie, puis il est comprimé pour élever sa température et restitue cette chaleur concentrée dans l'habitacle avant de se détendre et de recommencer le cycle. L'essentiel est que l'électricité ne sert qu'à faire fonctionner le compresseur et les pompes, et non à produire la chaleur elle-même, puisée gratuitement dans l'environnement.
Voilà pourquoi une pompe à chaleur est bien plus efficiente qu'un chauffage résistif. Là où une résistance restitue au mieux une unité de chaleur par unité d'électricité, une pompe à chaleur en délivre généralement deux à trois par unité consommée, selon les conditions. Concrètement, cela se traduit par une amélioration sensible de l'autonomie et de l'efficience hivernales, récupérant souvent une part appréciable de l'autonomie qu'une voiture à chauffage résistif perdrait par temps froid, et réduisant l'énergie dévolue au confort thermique tout au long de la saison fraîche.
La technologie a néanmoins ses limites. Son avantage suppose qu'il reste de la chaleur ambiante à prélever : son efficacité s'amenuise donc à mesure que la température baisse, et par grand froid, bien en dessous de zéro, l'air extérieur ne contient plus guère de chaleur, le système gagne alors moins et fait parfois appel à un appoint résistif pour suivre. Une pompe à chaleur ajoute aussi un coût et une complexité au véhicule, raison pour laquelle certains constructeurs la montent de série tandis que d'autres la proposent en option ou la réservent aux finitions supérieures.
Dans le tableau thermique d'ensemble, la pompe à chaleur travaille rarement isolément. Elle est de plus en plus intégrée à la gestion thermique de la batterie et aux fonctions de préconditionnement, répartissant la chaleur entre la batterie, le moteur et l'habitacle pour qu'une chaleur perdue par un composant serve ailleurs. Lorsque la voiture est branchée, le préconditionnement peut réchauffer l'habitacle et la batterie sur l'électricité du réseau avant le départ, et une pompe à chaleur rend ce processus plus économique et plus rapide, agissant de concert avec ces systèmes pour préserver l'efficience comme l'autonomie réelle par temps froid.
- Transfère la chaleur ambiante vers l'habitacle au lieu de la produire
- Deux à trois fois plus efficiente qu'un chauffage résistif
- Améliore sensiblement l'autonomie et l'efficience hivernales
- Moins efficace par grand froid ; ajoute un coût