Une batterie LFP est un type de batterie lithium-ion qui se distingue par la chimie de sa cathode, à base de lithium-fer-phosphate, dont la formule donne le sigle. Comme toutes les cellules lithium-ion, elle fonctionne en faisant circuler des ions lithium entre une cathode et une anode à travers un électrolyte au gré de la charge et de la décharge ; mais le choix du fer et du phosphate pour l'électrode positive, plutôt que du nickel, du manganèse et du cobalt employés dans bien des chimies rivales, lui confère un caractère nettement différent. Elle est devenue la chimie de prédilection d'une part croissante des voitures électriques, en particulier les modèles à autonomie réduite et orientés vers le rapport qualité-prix.
L'absence de cobalt est au cœur de l'attrait de la LFP. Le cobalt est cher, son approvisionnement est tendu et son extraction soulève des questions éthiques en raison des conditions de certaines mines, tandis que le fer et le phosphate sont bon marché et abondants. Les cellules LFP s'avèrent ainsi nettement moins coûteuses à produire et exemptes des préoccupations d'approvisionnement qui pèsent sur les solutions à base de cobalt, ce qui explique en grande partie pourquoi les constructeurs les ont adoptées pour des véhicules à fort volume où la maîtrise du prix est déterminante.
Au-delà du coût, la LFP apporte deux autres atouts : la sécurité et la longévité. La cathode au phosphate est chimiquement très stable et bien plus résistante à l'emballement thermique, ce surchauffe auto-entretenu pouvant provoquer des incendies de batterie ; les packs LFP tolèrent donc mieux les mauvais traitements et les températures élevées que beaucoup d'autres types lithium-ion. Ils sont aussi exceptionnellement durables, supportant généralement bien plus de deux mille cycles complets de charge-décharge, soit plusieurs fois la durée de vie utile d'un pack riche en nickel comparable, ce qui se traduit par une batterie qui conserve sa capacité au fil de nombreuses années d'usage.
La principale faiblesse est la densité énergétique. La LFP stocke moins d'énergie par kilogramme et par litre que la chimie nickel-manganèse-cobalt ; à autonomie égale, un pack LFP est donc plus lourd et plus volumineux, ou à volume égal il offre moins d'autonomie. La chimie est par ailleurs plus sensible au froid : sa capacité utile et sa vitesse de recharge chutent plus fortement à basse température, si bien que l'autonomie hivernale et les performances en recharge rapide en pâtissent davantage qu'avec un pack NMC. Ces limites expliquent pourquoi la LFP équipe plutôt les voitures à autonomie standard, tandis que les modèles à grande autonomie et les versions performantes recourent souvent encore à des chimies plus denses.
La LFP présente un avantage pratique au quotidien. Sa chimie étant très robuste et se dégradant peu à un état de charge élevé, les constructeurs autorisent et recommandent même généralement de recharger une batterie LFP à cent pour cent de manière courante, alors que les propriétaires de packs NMC sont d'ordinaire invités à s'arrêter vers quatre-vingts pour cent afin d'en préserver la longévité. Une charge complète aide en outre le logiciel de la voiture à calibrer sa lecture de l'état de charge. Face à ses cousines, la LFP représente donc un arbitrage assumé : un peu moins de densité énergétique et de performance par temps froid en échange d'un coût réduit, d'une sécurité accrue, d'une durée de vie allongée et d'habitudes de recharge simplifiées.
- Chimie lithium-ion à base de fer et de phosphate, sans cobalt
- Moins chère, plus sûre et très durable
- Densité énergétique plus faible : plus volumineuse et moins performante par temps froid
- Peut généralement être rechargée à 100 % au quotidien