Le pneu hiver est un pneumatique étudié spécifiquement pour le froid, la neige et le verglas, dont la gomme particulière et la sculpture très ouverte offrent en hiver une adhérence qu'un simple pneu été ne peut tout simplement pas garantir. Il existe parce que les qualités qui rendent un pneu été excellent à la chaleur, une gomme résistante à l'usure et une bande de roulement relativement lisse et rigide, deviennent des handicaps dès que la température chute : la gomme durcit, se vitrifie et perd sa capacité à épouser le revêtement. Plus qu'un simple pneu neige, le pneu hiver se comprend mieux comme un pneu basse température.
La gomme constitue sa caractéristique déterminante. Le pneu hiver utilise un mélange à forte teneur en silice, formulé pour rester souple et flexible en dessous de sept degrés Celsius environ, seuil à partir duquel les gommes été commencent à durcir. Une bande de roulement souple épouse la microtexture de la chaussée et conserve une large surface de contact au sol, qui est le fondement même de l'adhérence ; à la même température, une gomme été durcie se comporte presque comme du plastique et glisse sur le revêtement. C'est pourquoi un pneu hiver accroche mieux qu'un pneu été sur un bitume froid mais sec, et pas seulement sur la neige.
La sculpture accomplit le reste du travail. Le pneu hiver présente des pavés profonds séparés par de larges rainures qui évacuent la neige et la neige fondue, tandis que sa surface est couverte d'un réseau dense de fines entailles appelées lamelles. Sous la charge, ces lamelles s'ouvrent en des milliers d'arêtes mordantes qui s'agrippent à la neige et à la glace et favorisent l'accrochage de la neige tassée, laquelle adhère à son tour à la neige présente sur la route. Le gain en performance hivernale est spectaculaire : les distances de freinage sur neige et sur glace sont bien plus courtes, et la motricité comme l'adhérence en virage sont nettement supérieures à tout ce qu'un pneu été peut offrir.
Un véritable pneu hiver se reconnaît au pictogramme de la montagne à trois pics renfermant un flocon de neige, abrégé en 3PMSF, moulé dans le flanc. Contrairement à l'ancien marquage M+S, simplement déclaratif, le symbole du flocon n'est attribué qu'après réussite d'un test normalisé de motricité sur neige : il certifie donc un niveau réel d'aptitude hivernale. De nombreux pays aux hivers rigoureux imposent ce type de pneu de façon saisonnière ou l'exigent sur certaines routes dans des conditions définies. En France, la loi Montagne rend d'ailleurs ces équipements obligatoires en période hivernale dans les communes concernées.
Le pneu hiver est destiné à être monté de façon saisonnière puis remonté au printemps, car ses atouts se retournent contre lui à la chaleur. La gomme tendre s'use vite et procure un toucher imprécis sur route chaude et sèche, et les distances de freinage estivales s'allongent ; le conserver toute l'année sacrifie à la fois la sécurité et la durée de vie du pneu. Il occupe une extrémité d'un éventail qui passe par les pneus toutes saisons, lesquels font des compromis pour couvrir correctement les deux extrêmes, jusqu'aux pneus été optimisés pour la chaleur. Pour qui affronte de vrais hivers, le changement saisonnier, ainsi que la surveillance de la profondeur des sculptures, puisque la performance hivernale chute brutalement à mesure que la sculpture profonde s'use, et de l'indice de vitesse du pneu, est le prix de la marge de sécurité considérable qu'il procure.
- La gomme reste souple et adhérente en dessous de ~7 °C
- Sculptures profondes et lamelles qui mordent la neige et la glace
- Freinage et adhérence hivernaux bien supérieurs aux pneus été
- Marquage 3PMSF ; à monter de façon saisonnière